lecture, projection, débat, théâtre

dimanche 22 juillet 2012
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• A partir de 14h30 : entrée libre

- Lecture par la Cie Asphodèle de textes de :

Kously Lamko, extrait d’Aurore,

Daniel Mermet ,extrait de Carnets de route,

William Sassin, extrait de L’Afrique en morceaux

L’horreur n’apprend rien

La nouveauté, c’est le génocide en direct. Des millions d’hommes qui voient de leurs yeux des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se faire massacrer. Et qui ne font rien. Cinquante ans après Auschwitz. Nous aurons été les contemporains de cette grande première dans l’histoire des hommes. Alors même que nous étions en train de commémorer le cinquantième anniversaire de la fin de l’horreur nazie, alors même que-la main sur le cœur-nous répétions : « Plus jamais ça », alors même que nous commémorions également le cinquantième anniversaire du massacre d’Oradour-sur-Glane, il y avait cinquante, il y avait cent Oradour au Rwanda, en direct. Oui Primo Levi, oui David Rousset, oui Robert Antelme, oui Robert Desnos, nous avons craché sur vos mémoires, conchié nos sacrés « Droits de l’Homme » et tous ces falbalas. Cinquante ans après la Shoah, nous avons consenti à « ça ». Daniel Mermet

- Projection du film : Le profit et rien d’autre, Réflexions abusives sur la lutte des classes de Raoul Peck

France 2000 Documentaire 57mn

Le capital a gagné. Le capital a raflé toute la mise.

Marqué par le totalitarisme de Duvalier, Haïti est le symbole de ces pays du Sud paralysés par la misère et la violence, où le bonheur est un surplus. Le monde occidental, lui, semble avoir perdu la mémoire et la force de résister. Pamphlet à la fois caustique et poétique, le film retrace l’histoire de ce déséquilibre et dénonce les perversités et absurdités de « ce système féodal et opaque ».

- débat sur la Françafrique avec l’association Survie

Depuis sa création en 1984, l’association Survie mène un combat acharné contre la Françafrique, ce système politico-mafieux mis en place au lendemain des indépendances pour prolonger la colonisation de l’Afrique. Cette face cachée de la politique africaine de la France, qui a connu son paroxysme en 1994, avec le soutien aux génocidaires rwandais, a été dévoilée au grand jour par l’ouvrage La Françafrique, le plus long scandale de la république et Noir Silence de François-Xavier Verschave, ancien Président de Survie, décédé en 2005.

Survie contribue, par ses actions, à faire connaître au grand public les causes politiques de la paupérisation de l’Afrique, rompant ainsi avec certains discours réducteurs ou fatalistes.

• A 20h30 : La Cie EL Ajouad présente Le poète comme boxeur  : montage, réalisé par Samuel Gallet, de textes inédits de Kateb Yacine

Mise en scène : Kheireddine Lardjam

Avec Azeddine Benamara et Larbi Bestam

Le poète, c’est la révolution à l’état brut

Cet éternel retour de la révolution est inscrit jusqu’au ciel, dans la course des astres. Tout commence demain, pour l’homme d’hier et d’aujourd’hui.

Kateb Yacine

Note d’intention

Il s’agit de Kateb qui nous parle aujourd’hui et d’aujourd’hui.
Je souhaite mettre en avant Kateb Yacine - le visionnaire, Kateb Yacine - le révolutionnaire et transcrire sur le plateau l’engagement absolu de cet homme et sa colère face au monde...

Ce sera une forme entre le théâtre et la musique. Deux interprètes sur scène : un musicien et un comédien porteront la parole du poète.

Un dialogue pour dire des mots qui cognent...

La musique traitera de manière sensible la drôlerie désespérée de certains passages du texte. Elle revisitera aussi, au détour d’un mouvement, une mélodie connue : un chant de résistance, un hymne. La musique, venant entièrement du plateau, participera ainsi pleinement au déroulement du récit qui s’élabore sur scène, au présent.

Théâtre-concert atypique, le spectacle nous place devant le siècle qui s’ouvre, alors que nous continuons à faire de l’histoire comme si de rien n’était.

Kheireddine Lardjam

Quelques notes pour un Kateb Yacine au présent de son engagement...

Que dirait Kateb de la France et de l’Algérie d’aujourd’hui ? Des relations toujours complexes et tendues qui unissent ces deux pays ? De l’Histoire qui ne se digère pas ? Quelles seraient ses révoltes et son mépris face aux machines célibataires que sont devenus la plus grande partie des théâtres où la question politique est plus souvent vécue comme thématique, programmative, événementielle, que comme réellement militante ?...Quelles seraient alors ses colères, ses ironies ? Ses impasses ? Son refus du dogmatisme ? Son imprévisibilité ? Kateb le poète, Kateb l’homme de lettres, Kateb le communiste révolutionnaire, l’internationaliste sans parti fixe, le militant, le sans étiquette.

Car l’œuvre cogne, ne se satisfait jamais d’elle-même, généreuse, insoumise, solaire, injuste parfois, donnant des raisons de poursuivre la route belle mais aride de l’art théâtral, encore à inventer, toujours à naître, de la politique et de la poésie, de ce qui fait l’homme parfois plus grand que lui-même.

Samuel Gallet

Larbi Bestam, leader du groupe « El Ferda » de Béchar, est sur scène aux côtés du comédien Azeddine Benamara pour interpréter l’âme révoltée de Kateb Yacine. A la manière des chanteurs traditionnels de l’Atlas, il évoque à la fois l’humour et le désespoir du poète et interprète les chants de résistance scandés jusque dans le désert.

Durée : 1h15

Informations/Réservations : 05 55 79 90 00


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