A 14h30 Bar du Théâtre de L’Union : Lecture, exposition, projections, débats Entrée libre

samedi 18 octobre 2014
par  Webmestre
popularité : 15%

-  Ouverture avec la Cie Asphodèle

-  Projections :

Comme une blessure

Vidéo-Documentaire réalisée par des élèves du Lycée Marcel Pagnol de Limoges 1999/2000 22mn

Il était une fois un petit écolier qui levait le poing en maudissant la guerre devant un monument aux morts. C’est à Gentioux, sur le plateau creusois…

Il était une fois un soldat, Félix Baudy, maçon creusois, fusillé pour l’exemple le 20 avril 1915 à Flirey. C’est à Royère-de-Vassivière, et sur sa tombe, on peut lire : « Maudite soit la guerre. Maudits soient ses bourreaux. Baudy n’est pas un lâche mais un martyr. »

Il était une fois 16 lycéennes de Limoges qui ont voulu fouiller le passé pour le sortir de l’oubli et le confronter à leur présent.

« On oublie sans vraiment oublier. C’est comme une blessure. Une blessure qui reste tout le temps. Une injustice… »
Madame Kemp, habitante de Royère

20 000 Moujiks sans importance

Patrick Le Gall
Documentaire 1999 60 mn

Avec le soutien de l’association « La Courtine 1917 »

1916 : 20 000 Russes, pour la plupart des paysans, sont venus renforcer les troupes françaises. En février 1917, à l’annonce de l’abdication du Tzar en février 1917, leur seul désir est de rejoindre leur pays pour participer aux événements qui s’y déroulent. Considérés comme peu fiables, ils sont écartés du Front et envoyés au Camp de La Courtine. Là, fonctionnant en autogestion, ils tiendront tête pendant trois mois aux injonctions et menaces du commandement militaire. Finalement, l’assaut sera donné et la répression impitoyable.

- Présentation de l’exposition, réalisée par « Eclats de Rives » sur Jean-Henri Prébost, maçon creusois fusillé pour l’exemple à Flirey en 1915, par Michel Lagoeyte

« N’oublions jamais le beau geste des mutins de 17. Le beau geste fut de nous dire que la désobéissance est une chanson d’amour, que l’insoumission se danse, que la liberté est une valse lente. »
Daniel Mermet novembre 1997

- Débat avec Dominique Danthieux, historien et René Burget de L’Union Pacifiste

Jamais les engagements militaires de la France à l’extérieur n’ont été aussi nombreux et il nous paraît essentiel, à l’occasion de ce centenaire d’ « actualiser la mémoire », de réfléchir aux leçons que nous pouvons en tirer aujourd’hui et de nous poser la question : jusqu’où doit aller l’obéissance à un ordre donné ?


NON NON à la réhabilitation

Réhabiliter, disent les bonnes âmes de gauche dont un certain nombre de nos amis pacifistes. Réhabiliter, qu’est-ce que cela veut dire ? C’est rétablir quelqu’un dans ses droits ou faire d’un vieux bâtiment ou quartier quelque chose de neuf. Dans un sens comme dans l’autre, c’est faire disparaître ce qui est. Rétablir ces soldats dans leurs droits, soit, mais que sont leurs droits, ceux d’aller se faire tuer ? La réhabilitation de ces fusillés pour l’exemple a un sens terrible. On s’est trompé, on n’aurait pas dû. On s’excuse ! C’est ignoble ! Le scandale dans cette affaire c’est qu’ils furent aussi peu. C’est que leurs bourreaux, les mêmes qui envoyèrent à l’abattoir des millions de soldats ne furent jamais inquiétés. Au contraire ils furent honorés. Il y a combien de rues, avenues ou boulevards Foch, Clémenceau ? S’il n’y a plus de rue honorant Pétain, ce n’est pas dû à son attitude pendant cette guerre-là mais à celle qu’il eut pendant la suivante. Cette hiérarchie militaire devrait être poursuivie pour crime de guerre, crimes contre l’humanité qui sont eux imprescriptibles.

Ces "fusillés pour l’exemple" sont l’honneur des peuples en guerre malgré eux. Ils sont coupables de n’avoir pas voulu tuer ceux qui étaient en face ni avoir voulu mourir sous les coups de ces derniers. Ils méritent d’être cités en exemple. Leur réhabilitation ne peut passer que par la condamnation ferme et résolue de leurs fusilleurs. Toute autre attitude ne sera qu’une sinistre plaisanterie, une préparation à la prochaine boucherie, un avertissement à ceux qui voudront désobéir aux ordres. Alors désobéissons tous !

Pierre Sommermeyer