"93, la Belle Rebelle" de Jean-Pierre Thorn le 12 septembre à 20h au Lido, en présence du réalisateur et de D’ de Kabal

jeudi 3 août 2017
par  Webmestre
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2010 - Couleur et Noir et Blanc - France - 73’

Avec : Daniel Baudon Sixties Memory, Marc Perrone,
Loran Bérurier Noir et les Ramoneurs de Menhirs,
Dee Nasty, Lionel D, NTM, Casey, Serge Teyssot-Gay et Zone Libre,
93 Slam Caravane : Yo, Abdel Haq, Bams, Grand Corps Malade et D’ de Kabal

Le film présenté par Jean-Pierre Thorn

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Une épopée - du rock au slam en passant par le punk & le hip hop -incarnant un demi-siècle de résistance musicale flamboyante et se faisant porte-voix d’une jeunesse et de territoires en perte d’identité, sous les coups des mutations industrielles, des désillusions politiques et de l’agression constante des pouvoirs successifs les stigmatisant comme « voyous », « sauvageons » ou « racailles »

Ou comment, par strates successives, s’est fabriquée une contre-culture « underground » réinventant - par-delà le délitement des valeurs traditionnelles de la « banlieue rouge » - d’autres codes, d’autres mots, d’autres sons, d’autres façons de bouger, de colorer les espaces, d’écrire et de penser le monde… qui permettent à toute une jeunesse, se vivant comme exclue, de trouver ses repères et sa place dans la cité.
La banlieue - à contrario des clichés – se révèle un espace incroyablement riche de métissages engendrant une créativité époustouflante…

« Le « 93 » a forgé son identité par la créativité de ses musiques qui, depuis les années 60, résistent à la stigmatisation constante des élites au pouvoir.
Au cœur du film, la richesse humaine des rencontres avec chacun de ses protagonistes : souvent artistes d’exception, ayant révolutionné l’art de leur époque. J’ai été fasciné par la découverte de Dee Nasty (« King Zulu » de la funk et du hip hop), de Loran « Bérurier Noir » (icône de la génération punk), de Marc Peronne (promoteur du folk jazz dans les années 70 et précurseur du slam) ou de Daniel Baudon (témoin vivant de l’irruption du rock en France dans les années 60 et de son encrage ouvrier. Comme j’ai adoré approfondir ma connaissance des rebelles d’aujourd’hui (dans une filiation à NTM) : je pense à la fusion étonnante du rap de Casey avec le rock radical de Serge Teyssot-Gay (ex-« Noir Désir » aujourd’hui « Zone Libre »)… Ou encore du slameur, D de Kabal, accompagné par la rythmique puissante de Franck Vaillant, qui me rappelle le cri déchirant d’une Abbey Lincoln accompagnée de Max Roach dans le disque mythique « WE INSIST, FREEDOM
NOW SUITE ! »
Il est remarquable que des artistes, issus des ghettos français, soient sans le savoir dans une filiation aussi profonde avec le jazz des combats afro-américains des années 60 pour les droits civiques. »

« Comment capter cette énergie spécifique de la banlieue : cette rage ?
Comment rompre avec le naturalisme qui englue nos regards ? « Ne dites jamais : c’est naturel. Avant que rien ne passe pour immuable ! » (B.Brecht)
La modernité du DJ (comme celle du « graffeur ») c’est l’art du collage : ce bricolage du pauvre.
Je ne cesse de chercher - d’un film à l’autre – un cinéma épique : trouver une forme éclatée, hybride, une écriture faite de collages, cette fameuse « unité des contraires » : les contrepoints image/son, les cadrages en conflit avec les couleurs, les cadrages serrés avec l’immensité des plans d’ensemble, l’intimité des êtres en conflit avec l’universalité de la fable qui les traverse.
Un cinéma musical qui pulse le spectateur.
Trouver une forme épique pour révéler l’Histoire collective qui agit sous les destins individuels.
Fabriquer de l’épopée à partir de l’intime, là est mon paradoxe ! »

Jean-Pierre Thorn :

Né en 1947, il tourne son premier court-métrage en 1965 et son premier long-métrage en 1968 à l’usine occupée de Renault Flins dans le cadre des productions des “Etats Généraux du Cinéma français”.
En 1969 il abandonne le cinéma pour s’embaucher comme ouvrier O.S. à l’usine métallurgique Alsthom de Saint Ouen.
En 1978 retour au cinéma. Il devient co-animateur de la distribution du programme de 10 films intitulé "Mai 68 par lui-même".
En 1980 il réalise son second long-métrage "Le dos au mur" (témoignage de l’intérieur sur son expérience ouvrière) puis de nombreux films d’entreprises et émissions syndicales, dont le premier magazine T.V. inter comités d’entreprise “CANAL C.E.”.
En 1989, sa première fiction "Je t’ai dans la peau" (présenté en 2016 par Mémoire à Vif) raconte le destin étonnant d’une femme, religieuse puis dirigeante syndicale, se suicidant au lendemain de la « victoire » de la gauche de 1981.
Depuis 1992 il collabore avec le mouvement hip hop et réalise trois films, devenus emblématiques : "Génération Hip Hop", "Faire kifer les anges" et "On n’est pas des marques de vélo".
En 2006 "Allez Yallah !" raconte l’épopée d’une caravane de femmes (venues du Sud) luttant, des deux côtés de la Méditerranée, contre la régression de leurs droits remis en cause par la montée des intégrismes religieux.

D’de Kabal :


D’ de Kabal naît à Paris en 1974 et grandit à Bobigny. D’abord rappeur, avec le groupe Kabal, qu’il a co-fondé en 1993, et avec Assassin entre 1995 et 1997, il s’intéresse ensuite au théâtre à partir de 1998. Il apprend le métier de comédien avec Mohamed Rouabhi et la compagnie Les Acharnés dans les spectacles : "Malcolm X", "Soigne ton droit", "Requiem Opus 61". Dans ces pièces il joue et rappe, et les échanges avec ce public ont changé irrémédiablement son approche de ce métier à double facette : auteur et diseur.
En 2001, il découvre le Slam, sa rencontre avec cette pratique et les gens qui l’accompagnent est une incroyable histoire d’amour.
Dès 2002, avec 2 collègues slammeurs et un multi-instrumentiste : Félix J, Nada, et Franco Mannara, ils fondent Spoke Orkestra, album « INTERDIT AUX MINEURS » et « SPOKE ORKESTRA N’EXISTE PAS »
Entre 2003 et 2007 il est le co-créateur d’un des plus importants événements Slam du territoire : Bouchazoreill’Slam, à Paris, à La Boule Noire, puis au Trabendo.
En 2005, il fonde sa propre compagnie, R.I.P.O.S.T.E, et multiplie les projets, au croisement des différentes disciplines qui l’ont nourri : la musique, le slam, l’écriture et le théâtre !


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