"Put your soul on your hand and walk" de Sepideh Farsi 11 septembre 20h Grand Ecran Centre
Article mis en ligne le 24 août 2025

par Webmestre

En Avant-Première. Sepideh Farsi en visio- conférence.
Soirée organisée en partenariat avec la Cinémathèque de Nouvelle-Aquitaine. En présence de Limousin Palestine
Documentaire France/Palestine/Iran 2025 1h50 Acid Cannes 2025

Présentation par Sepideh Farsi
« Put Your Soul on Your Hand and Walk est ma réponse en tant que cinéaste, aux massacres en cours des Palestiniens. Un miracle a eu lieu lorsque j’ai trouvé Fatem Hassona, présentée à moi par un ami palestinien. Depuis, elle m’a prêté ses yeux pour voir Gaza où elle résistait en documentant la guerre, et moi, je suis devenue un lien entre elle et le reste du monde, depuis sa « prison de Gaza » comme elle le disait. Nous avons maintenu cette ligne de vie pendant plus de 200 jours. Les bouts de pixels et sons que l’on a échangés sont devenus le film que vous voyez. L’assassinat de Fatem le 16 avril 2025, suite à une attaque israélienne sur sa maison, en change à jamais le sens. »

« Son assassinat était non seulement horrible mais ciblé. Notre humanité est défigurée par cette attaque qui continue à Gaza. Fatem a été tuée mais elle n’est pas vaincue et on va faire en sorte qu’elle ne soit pas morte pour rien. On verra un jour la Palestine libre. Pour l’heure, je vous souhaite d’emporter son sourire avec vous… »

Présentation par Le Comité de programmation ACID 2025
"À l’image, sur l’écran filmé d’un téléphone, un visage. Celui de Fatem, photographe habitante de Gaza, avec qui la réalisatrice initie un dialogue puis une véritable relation d’amitié par visio interposée. La communication est fragile ; suspendus aux aléas du réseau et des bombardements israéliens, on redoute à chaque appel qu’il ne soit le dernier.
À travers le son des projectiles qui habitent le hors-champ, les ruines et les décombres qui peuplent les photographies de Fatem, l’horreur de la guerre s’impose. Ce visage, on le voit changer, se creuser sous l’inquiétude, la fatigue ou le désarroi. Pourtant, on en garde avant tout la lumière, celle que la générosité de cette femme nous donne par son sourire, laissant primer la joie momentanée du partage, de l’échange et de l’évasion qu’ils procurent, sur la destruction qui l’entoure. À Sepideh, cinéaste iranienne en tournée à travers le monde, condamnée à ne jamais revoir Téhéran, Fatem, enfermée entre quelques pans de murs, confie ses photographies, ses poèmes et ses chansons, pour témoigner des souffrances et de la force de son peuple.
Car elle aussi résiste en créant et oppose à l’ordre tragique du monde l’imagination poétique. Le cinéma advient ici de la rencontre entre deux femmes, qui, surmontant les frontières qui les séparent, construisent un monde nouveau : celui d’une sororité qui se loge dans l’image pour célébrer la beauté du lien et de l’attention à l’autre. Ainsi, les mots, les images, parfois le rire de Fatem, nous parviennent, parole rare, frêle miracle étincelant d’humanité et de courage."

Quant à la mort inévitable, si je meurs, je veux une mort bruyante, je ne veux pas de moi dans un article de dernière minute, ni dans un numéro avec un groupe, je veux une mort qui soit entendue par le monde, une trace qui dure pour toujours, et des images immortelles que ni le temps ni l’espace ne peuvent enterrer. Fatem Hassona