En partenariat avec la Cinémathèque de Nouvelle-Aquitaine
Titre original : The Incredible Shrinking Man
Scénario : Richard Matheson, d’après son roman éponyme
Avec : Paul Langton, Grant Williams, Randy Stuart, William Schallert
Etats-Unis 1957 1h21 vostf
Synopsis
Suite à un voyage en mer, le corps de Scott Carey est traversé par une immense brume radioactive. Quelques semaines plus tard, son corps diminue progressivement de taille. Pour Carey, c’est un long calvaire qui commence.
Avis critiques
« On trouve dans ce film les thèmes chers à Jack Arnold : la xénophobie, les méfaits du progrès et de certaines expériences scientifiques, l’humain face à des créatures redoutables... Surtout, il met en évidence toute l’ingéniosité d’Arnold dans l’utilisation d’effets spéciaux, de décors hostiles, de costumes et maquillages angoissants, tout en lui permettant de distiller comme à son habitude des messages sociaux ou écologistes… La séquence où Carey affronte l’araignée, avec en guise d’épée une épingle de couture, est une prouesse qui n’a pas pris une ride. Là encore, on est bluffé par la terreur qu’elle inspire et par la maîtrise des superpositions d’images qui donnent à ce combat une réalité sauvage, cruelle, particulièrement épique et spectaculaire. C’est de toute évidence un grand moment du cinéma de science-fiction, d’autant plus remarquable quand on connaît les limites des effets spéciaux mis à disposition à l’époque. Le film en devient un véritable défi technologique… Après maintes péripéties spectaculaires, on en revient aux dangers que représentent la nucléarisation et la science incontrôlée pour l’humanité… Autre thème abordé de manière plus subtile : la petitesse de l’homme face à la Nature, aux dangers d’un changement d’environnement… Le budget était limité mais c’est justement ce qui a stimulé la créativité et l’ingéniosité de Jack Arnold et son équipe. Son travail efficace, l’intelligence du sujet en font son chef-d’œuvre et l’un des grands classiques du cinéma de science-fiction. »
"Hors normes, L’homme qui rétrécit est aussi dans sa conclusion, très métaphysique et, contrairement au reste du film, pleine d’espoir. Scott n’est plus un homme. Il a accepté de renoncer définitivement à son humanité pour devenir autre chose, la créature d’un Dieu pour lequel les barrières n’existent pas, un aventurier de l’infiniment petit, un être unique qui s’apprête à découvrir ce qu’aucun autre homme n’aura pu découvrir avant lui. Jusqu’où son destin extraordinaire le mènera-t-il ? Pourra t’il accéder aux fondements de la vie même ? Nous n’en saurons rien mais une chose est sûre : A l’image de Robert Neville, dernier humain de Je suis une légende, Scott Carey prend conscience de ce qu’il est devenu et accepte son sort non sans une certaine ironie…Avec L’HOMME QUI RETRECIT, nous sommes donc en présence d’un véritable classique de la science-fiction. Pointant du doigt avec une certaine intelligence l’incompétence des spécialistes à contrôler (ou même comprendre) les effets du nucléaire, la ghettoïsation des freaks et le poids écrasant du jugement de la presse, le film d’Arnold est aussi un entraînant voyage dans le monde du minuscule. Un métrage à double facette donc, qui pourra sans doute ravir aussi bien les grands que les tous petits."
« L’Homme qui rétrécit est une série B très efficace, inventive, spectaculaire et plus subtile qu’elle n’y paraît. Par l’ensemble de ses qualités, elle s’élève au rang de chef-d’œuvre du genre… C’est une réussite visuelle, toujours considérée comme une œuvre de référence. Ce film a contribué à faire de Jack Arnold l’un des maîtres et précurseurs du genre SF et fantastique, inspirant au passage des générations de réalisateurs parmi lesquels Steven Spielberg et Guillermo Del Toro pour ne citer qu’eux. Et Pedro Almodóvar considère L’Homme qui rétrécit comme une de ses œuvres favorites. Jack Arnold et son film auront ainsi de belle manière marqué l’histoire du cinéma. L’Homme qui rétrécit est donc à redécouvrir, y compris si l’on n’est pas initié au genre. »