"Nahla" de Farouk Beloufa le 26 février au Lido à 20h30, présenté par Saad Chakali
Article mis en ligne le 9 février 2026

par Webmestre

Algérie 1979 116 minutes VOSTF
Scénario : Farouk Beloufa, Rachid Boudjedra, Mouny Berrah
Musique : Ziad Rahbani
Avec : Youssef Saiah, Yasmine Khlat, Lina Tabbara, Nabila Zitouni
Distribution : Les Mutins de Pangée

Synopsis :

Après la bataille de Kfar Chouba au Liban, en janvier 1975, Larbi Nasri, un jeune journaliste algérien, est pris dans le tourbillon des événements qui précèdent la guerre civile. Il assiste à la construction du mythe de Nahla, une chanteuse adulée par la population arabe. Un jour, Nahla perd sa voix sur scène. L’atmosphère de crise qui règne autour d’elle, gagne comme une infection. Larbi, fasciné, perd pied et s’enlise.

Avis :

"Nahla (ou La ville qui sombre)" de Farouk Beloufa est l’unique long métrage, devenu mythique, d’une figure maudite du cinéma algérien, invisible dans les décennies qui suivirent sa sortie (unanimement saluée par la critique internationale) avant d’être redécouvert dans les années 2010 en Algérie. "Nahla" est, à ce jour, le seul film tourné dans le monde arabe par un cinéaste algérien, au moment où le Liban s’embrasait dans une guerre politico-civile et confessionnelle qui dura près de quinze ans, de 1975 à 1990.

Filmé en temps réel, durant l’année 1978, au péril de la vie du réalisateur et de celle de toute l’équipe du film, "Nahla" raconte le séjour à Beyrouth de Larbi (Youssef Saiah), journaliste algérien parti couvrir pour son journal le conflit multilatéral qui oppose les milices des phalanges chrétiennes, les partis musulmans et les organisations palestiniennes. Il découvre alors, au-delà du rêve et des mythes d’une arabité moderne, la complexité de la situation libanaise, pris dans une sorte de fascination pour cette terre symbolisée à travers les portraits et histoires de trois femmes : Nahla (Yasmine Khlat), la chanteuse qui rêve d’un destin régional ; Maha (Lina Tebbara), la journaliste au féminisme affirmé ; Hind (Nabila Zeitouni), l’activiste palestinienne issue des camps de réfugié.es.

Influencé par le cinéaste Youssef Chahine dont il a été l’assistant, Farouk Beloufa signe sans doute avec "Nahla" l’une des œuvres les plus marquantes du cinéma moderne.