C’EST ICI QUE JE VIS ( Petit indi ) de Marc RECHA, présenté par Emile BRETON, critique de cinéma

samedi 10 avril 2010
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Durée : 1h32 VOSTF Espagne 2009

Acteurs : Marc Soto‚ Eduardo Noriega‚ Eulália Ramon‚ Sergi Lopez‚ Père Subirana

Scénario : Nadine Lamari, Marc Recha

Image : Hélène Louvart

Musique : Pau Recha

Synopsis :
Arnau a dix-sept ans et il est sérieux. Sa mère est en prison, il ne comprend pas bien pourquoi et rêve de l’en faire sortir pour voir l’été et la mer. Il faudrait un bon avocat, donc de l’argent et ça Arnau n’en a pas, pas plus que sa sœur, son frère ou son oncle. En attendant d’en gagner suffisamment à la brasserie où il travaille, il se consacre à sa passion, les concours d’oiseaux chanteurs. Arnau en a plusieurs, qu’il a élevés et qui sont peut être ses seuls amis, et puis, il a aussi un renard, trouvé moribond dans la rivière et qu’il a ressuscité.

Marc RECHA a grandi dans la banlieue ouvrière de Barcelone. Enfant, on lui offre une caméra Super 8 avec laquelle il commence sa carrière cinématographique en réalisant des courts métrages. Titulaire d’une bourse du gouvernement catalan, il va à Paris où il travaille auprès du cinéaste avant-gardiste Marcel Hanoun. En autodidacte, Marc Recha écrit, réalise et produit plusieurs courts métrages.

C’est en 1998 qu’on le découvre avec son deuxième film El árbol de las cerezas, pour lequel il reçoit un prix au Festival de Locarno. En 2001, Pau y su hermano est présenté en compétition au Festival de Cannes. En 2003, son nouveau long métrage, Las manos vacías, est à nouveau sélectionné à Cannes, dans la catégorie « Un certain Regard ».

Longs Métrages :

1991 : El cielo sube (Le ciel monte)

1998 : L’arbre de les cireres (l’arbre aux cerises)

2001 : Pau y su hermano (Pau et son frère)

2003 : Las manos vacías (Les mains vides)

2006 : Dies d’agost (Jours d’août)

La force du film est qu’il se tient toujours au plus loin de l’emphase. Jamais une image plus haut que l’autre. Lieu de rêves de lendemains meilleurs où les vieux du quartier misaient leurs quatre sous et les tireurs de portefeuille engrangeaient des profits plus rapides, le cynodrome ferme et quelques affiches déchirées battant sur un vieux mur disent seules le deuil de ces passions. Le cinéaste est aussi peu expansif qu’Arnau, que l’oncle Ramon appelle « Petit Indi », tête basse et sourire rare. Que la ville avance, que l’autoroute et les rails du TGV gagnent sur les roseaux des bords de la rivière où, pour peu de temps encore, les oiseleurs iront montrer l’eau aux verdiers dans leurs cages étroites, cela ne va pas sans drames. On ne « civilise » pas aussi facilement la sauvagine et on ne va pas ici raconter la fin, mais elle est de la même écriture retenue et cruelle que toute l’histoire. Pour le deuxième film de Marc Recha, « L’Arbre aux cerises », on écrivait ici : « Il se garde bien d’expliquer ses personnages qui, dans l’isolement d’un hiver montagnard, vont apprendre à se connaître. Sans hâte, sans mots superflus. Pas de pathos en effet, pas non plus de cette psychologie de bazar cinématographique qui mâche la besogne au spectateur supposé un peu niais. » Il continue.

Emile Breton L’Humanité 10.02.2010


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