(In)Dépendances, du joug colonial à la dictature du marché

L’histoire des peuples colonisés est une histoire « encore sous les sables ». Comme le corps de Lumumba dissous dans l’acide sulfurique, on a cherché à effacer l’histoire des peuples colonisés. Trop longtemps, on leur a volé leur histoire. Comme leurs richesses. Vérité falsifiée. Mémoire bafouée. Qui parle aujourd’hui des mutilations infligées aux rebelles : mains coupées au Congo, lèvres cadenassées en Angola ? Qui se souvient des massacres perpétrés à Sétif, à Madagascar, au Cameroun ? Qui connaît la rébellion du camp de Thiaroye noyée dans le sang ? Qui cherche encore la vérité sur les disparitions inexpliquées et les assassinats de Lumumba, de Sankara ?

Mais le « brigandage colonial » dont parlait les Surréalistes lors de l’Exposition coloniale de 1931 est, hélas, toujours d’actualité. D’ailleurs, De Gaulle n’aurait-il pas dit : « Nous partons pour mieux rester » ? Les diktats du FMI et la Banque Mondiale, l’ingérence des multinationales dans la vie économique, politique, sociale des pays où elles se sont installées, les dictatures et les gouvernements corrompus mis en place avec la complicité des puissances occidentales font que l’exploitation éhontée du capitalisme colonial demeure.

Alors, après avoir été si longtemps exploités, humiliés, bâillonnés, déshumanisés, les ex-colonisés sont aujourd’hui endettés, discriminés, exclus, trahis. Sans oublier les peuples sahraoui, palestinien, kurde, tamoul… qui souffrent encore du colonialisme et de l’oppression. Sans oublier non plus ce racisme au quotidien instrumentalisé par des déclarations qui attisent les haines. Sans oublier enfin que les laissés-pour-compte de la croissance se retrouvent aussi bien au Nord qu’au Sud. Alors non seulement il est temps de décoloniser les colonisateurs mais de trouver des passerelles entre tous les sans-voix, les sans-droits, les sans-travail, les sans-papiers, les sans-domicile pour les luttes à venir.


Articles publiés dans cette rubrique

jeudi 25 octobre 2012

infos presse

Cette année, exceptionnellement, de nombreux articles ont relayé l’événement : en voici quelques-uns.

mercredi 15 août 2012

Projections, débats, lecture, théâtre

Me voici colonisé .Non, il faut dire civilisé ! Me voici massacré. Non ! Pacifié ! Soumis se prononce intégré. Assimilé se comprend membre de la grande communauté française ! Mort exterminé le suis-je ? Ma langue, ma culture et mes traditions hachées menu : je salue mon passage dans l’ère (...)

dimanche 22 juillet 2012

"Festival panafricain d’Alger" de William Klein

En partenariat avec le Festival des Francophonies, Autour du 1er mai et Peuple et Culture
Documentaire France 1970 90mn
La culture africaine sera révolutionnaire ou ne sera pas.
Tout est fête, euphorie, exubérance dans ce film qui nous plonge au cœur du premier festival panafricain (...)

dimanche 22 juillet 2012

"Lumumba, la mort du prophète" de Raoul Peck et "Thomas Sankara" de Balufu Bakupa-Kanyinda

1- Lumumba, la mort du prophète de Raoul Peck
Commentaire et voix off : Raoul Peck
Haïti 1991 Documentaire 69mn
Du côté du Katanga, on dit qu’un géant est tombé.
Patrice Lumumba devient à trente six ans, le 30 juin 1960, le premier chef de gouvernement du Congo, nouvellement (...)

dimanche 22 juillet 2012

18h : "Voukoum" de François Perlier, 20h30 : "Afrique 50" de René Vautier et "Cameroun, autopsie d’une indépendance" de Valérie Osouf et Gaëlle Le Roy

Voukoum de François Perlier
Documentaire France 2011 52mn
Prix du Jury Sacem/Filmer la musique du meilleur documentaire 2012
Un Voukoum, en créole guadeloupéen, c’est un mouvement massif et bruyant, un désordre provoqué sciemment pour provoquer l’éveil politique et artistique (...)